L’Antiquité gréco-romaine et la « civilisation »

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Pour en finir avec les inventions:

(journée d'études)

La Grèce et Rome sont souvent célébrées pour être à l’origine de « la » civilisation – ou du moins la civilisation occidentale – puisqu’on leur attribue l’invention de pratiques, de techniques, de valeurs, de savoirs constitutifs de la civilisation en général : la démocratie, le théâtre, la philosophie, la raison, la médecine expérimentale, les bains, la voûte, le chauffage central, l’écriture phonétique, la monogamie… Ces inventions seraient des dons offerts par les Grecs et les Romains à l’humanité, des acquis irréversibles sur la route de la civilisation et de l’émancipation. Les autres cultures sont reconnues comme des civilisations dans la mesure où elles ont, elles aussi, offert à l’humanité des inventions du même ordre : le papier et la poudre à canon pour la Chine, le Zéro pour les Indiens, la numération décimale pour les Arabes, la charrue à roue et le tonneau pour les Gaulois… Ceux qui n’ont rien inventé auraient bien une culture, mais une culture primitive, première, barbare.

Inscrite dans le Grand Partage, cette dichotomie entre civilisés qui inventent et primitifs qui répètent est sans cesse reconduite, souvent sous une forme moins caricaturale. Une civilisation digne de ce nom serait une culture qui contribue ou a contribué par ses inventions à la civilisation humaine globale ; considérées comme civilisatrices, elles s’inscriraient dans le Grand Récit de l’émancipation de l’Humanité. Le modèle d’une telle conception universaliste est en général celui offert par le développement inventif attribué à la culture gréco-romaine

Dans cette journée d’étude, nous voudrions procéder à une approche critique de cette représentation de la civilisation. Nous nous en tiendrons à une analyse de l’histoire et des premiers usages de la notion de civilisation appliquée à l’Antiquité gréco-romaine, la confrontation avec les autres moments civilisateurs attribués à l’Égypte, à la culture judéo-chrétienne, à l’Islam, au paradigme indo-européen ou à l’espace mésopotamien et sémitique est réservée à une prochaine étape de la réflexion collective. Les contributeurs de cette journée développeront des exemples concrets de la construction de récits célébrant les effets « civilisateurs » de quelques inventions attribuées aux Grecs ou aux Romains : ce faisant, ils proposeront une archéologie de l’idée même d’invention.

Cette journée s'organise sous l'égide du Centre AnHiMA et du CRAL (EHESS),  l’Institut des Humanités de Paris et CERILAC.

Dates : 

Samedi, 7 Novembre, 2015

Organisation : 

Florence Dupont, Caude Calame et ...

Lieu : 

INHA – 2, rue Vivienne, 75002 Paris (salle Fabri de Pereisc)

Informations et contact : 

antecarts@gmail.com

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